Agriculteurs : comment s'adapter aux risques du métier ?

2019 M09 25

Si la pénibilité des travaux agricoles a nettement diminué, les exploitants sont exposés à des risques de plus en plus complexes : évolution climatique, dégradations, manipulation de substances nocives... Le tout dans un contexte de libéralisation des marchés, où l'image du métier est dégradée et le consommateur méfiant. Voyons comment aborder tous les risques spécifiques à l'agriculture, et l'intérêt d'une assurance agricole.

Limiter les risques climatiques et sanitaires

L agriculteur a la possibilité de s'adapter et de se protéger des accidents climatiques : il est notamment intéressant de s'orienter vers les assurances récoltes, qui pourront minimiser l'impact financier. Actuellement, la sécheresse représente l'une des calamités agricoles les plus fréquentes en France. Le dispositif d'indemnisation en cas de catastrophe naturelle commence par la reconnaissance des dommages causés. En cas de tempêtes, de grêle, de gel, d inondations ou autre aléa climatique, il existe des garanties catastrophes naturelles, des contrats multirisques agricoles ou encore des extensions permettant de compenser les sinistres.

Toutes les exploitations peuvent également être touchées par les risques sanitaires, quelle que soit leur activité. Ces risques peuvent être liés aux méthodes de production, aux conditions de stockage, à des facteurs externes... Il est possible d'agir en amont, tout d'abord en s'informant sur les réglementations en vigueur, puis en mettant en place des pratiques saines (désinfection des locaux, prophylaxie, maîtrise des produits phyto...). En parallèle, il existe des assurances spécifiques ainsi que dispositifs d'indemnisation, tel que le Fonds de Mutualisation Sanitaire et Environnemental. Connaître les aides et les garanties possibles devient un aspect incontournable du métier.

Anticiper les risques humains

Chutes, manutention des machines, engins bruyants impactant l'audition, transmission de maladies animales... Comment éviter ces dangers quotidiens ? D'abord en s'informant sur les bons gestes et les mesures de sécurité. La MSA propose notamment un accompagnement au cas par cas, et a publié un mémento traitant de chaque type de risque avec des recommandations pratiques. En cas d'arrêt de travail de l exploitant, un contrat prévoyance agricole peut permettre de faire face tout en protégeant également les proches.

Viennent ensuite les risques d'intrusion, vol, vandalisme, intimidation... qui devront être signalés à la gendarmerie. Les agriculteurs peuvent investir dans des systèmes de sécurité modernes, souvent dissuasifs. L assurance dommages s'avère bien souvent intéressante pour protéger une exploitation agricole. Les exploitants doivent également gérer des aspects relationnels parfois complexes : gestion de la main d'oeuvre, questions de transmission, isolement social ou difficultés d'organisation, autant de facteurs qui augmentent le risque d'accidents de travail ou de dépressions. Des problèmes récurrents dans le milieu agricole, mais qui peuvent être limités : se former à la gestion des risques est primordial, puis se rapprocher des services de remplacement, savoir déléguer et privilégier l'entraide et le lien social. Les syndicats et coopératives sont en ce sens des interlocuteurs utiles. Enfin, se diriger vers les complémentaires santé est une façon pertinente d'anticiper les risques.

Finances et réglementations : vers un avenir plus serein

Endettement, besoin de crédits ou encore retard de paiement des clients, la gestion des revenus est un stress quotidien pour nombre d'agriculteurs. Le prix des matières premières est aussi particulièrement volatil. Le revenu net d'un exploitant dépend ainsi d’aléas assurables et non-assurables (comme les prix de vente), mais pouvant être couverts. Cet ensemble de risques peut être encadré par une couverture hybride (assurance/finance), mais la mise en place de solutions simples et abordables demande encore aujourd'hui du temps.

Les agriculteurs sont aussi très sensibles aux fluctuations de la réglementation, à l'évolution des politiques, aux mises aux normes... des contraintes lourdes qui peuvent mettre une exploitation en péril. La multiplication des normes portent d'ailleurs une grande part de responsabilité sur l'état des trésoreries. Le gouvernement s'est engagé à stopper temporairement la création de nouvelles normes, et à les tester sur le terrain avant de les rendre obligatoires.

En conclusion, pour se prémunir des risques et envisager l'avenir, l'essentiel est d'accompagner les agriculteurs : les informer au mieux, leur permettre de mieux résister et minimiser les conséquences des sinistres. L’assurance multirisques agricole regroupe ainsi en un seul contrat la plupart des garanties utiles. L'agriculteur choisira son contrat d assurance en fonction des risques couverts, des garanties en option, des exclusions, et du montant des franchises.

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