Comment devenir agriculteur ?  

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2019 M09 7

Devenir agriculteur, avec ou sans diplôme

Quel métier enthousiasmant que celui d'agriculteur : au contact des animaux et de la nature, ce passionné de la terre voit grandir au jour le jour les semences qu'il a lui-même répandues. C'est aussi un domaine technique, qui demande des connaissances précises en machinerie à l'ère où les technologies remplacent de plus en plus l'intervention humaine. Vous souhaitez devenir agriculteur, vous renseigner sur les formalités administratives ou découvrir les facettes de ce métier exigeant ? Suivez les grandes étapes nécessaires pour s'établir en tant qu'agriculteur.

Agriculteur, acteur du développement régional

Les raisons qui poussent à devenir agriculteur sont multiples, mais touchent souvent au plaisir de travailler en extérieur, en suivant son propre rythme, dans une certaine autonomie. En effet, l'agriculteur développe son entreprise en fonction de l'activité choisie, qui régit notamment l'ampleur du travail selon les saisons.

Avec l'apparition de nombreuses technologies qui soutiennent et facilitent le travail humain, l'agriculteur est deplus en plus en contact avec ses clients. Exploitant de sa parcelle, il doit également faire preuve d'une grande rigueur dans d'autres tâches, qu'il s'agisse de l'étiquetage de ses produits, de la gestion comptable, de la santé animale ou des choix d'investissement.

Le travail d'un agriculteur, s'il compte des heures de solitude au petit matin ou tard le soir, englobe également des relations avec les autres intervenants du secteur. Ces regroupements peuvent donner lieu au partage du matériel via les Coopératives d'Utilisation de Matériel Agricole (CUMA), et entraînent aussi une solidarité entre les agriculteurs d'un même territoire sous la forme d'entraide ponctuelle, d'échange de services ou simplement de soutien moral. Protagoniste important à l'échelle départementale ou régionale, l'agriculteur joue un rôle essentiel dans le maintien de la diversité de la faune et de la flore, et dans la qualité nutritionnelle des aliments consommés par ses clients.

Compétences

Quelle formation suivre pour devenir agriculteur ? Ne s'improvise pas agriculteur qui veut, et le métier, aussi idéalisé soit-il, requiert de solides compétences scientifiques et physiques. Avec une bonne motivation, il est tout à fait possible d'effectuer un cursus valable, que ce soit en formation initiale ou dans le cadre d'une reconversion professionnelle.

Formation, reconversion

Formation initiale ou reconversion, les voies qui mènent à l'agriculture. Vous n'avez jamais mis le pied dans une ferme ? Avant de vous lancer dans une formation complète, n'hésitez pas à effectuer quelques stages auprès de différents agriculteurs, si possible dans des domaines variés comme la viticulture, l'élevage ou le maraîchage. Après cette immersion dans le monde professionnel et la réalité du métier, vous saurez de façon plus précise ce qui vous attire ou vous déplaît.

Dans le cadre d'une formation initiale, les possibilités sont assez vastes. Du Brevet d'Aptitude Professionnelle Agricole (BEPA) en lycée agricole à la formation d'ingénieur agronome en passant par le Brevet de Technicien Supérieur Agricole (BTSA), vous aurez l'occasion de personnaliser votre cursus selon vos capacités et vos souhaits. La possibilité de réaliser ces formations en alternance offre un excellent terrain d'apprentissage par la pratique et l'expérimentation.

Pour les travailleurs en reconversion, n'ayant pas ou peu d'expérience professionnelle en agriculture, la formation continue permet d'acquérir les bases du métier tout en poursuivant son travail ou sa recherche d'emploi. Se distinguent les formations qualifiantes, qui comprennent les Certificats de Spécialisation dans un secteur très précis comme l'élevage caprin ou la culture de plantes aromatiques, et les formations dites diplômantes suivies sur plusieurs mois. Ces dernières délivrent des diplômes identiques à ceux de la formation initiale comme le Bac Pro, mais aussi des diplômes spécifiques tels que le Brevet Professionnel de Responsable d'Exploitation Agricole (BPREA).

Enfin, les travailleurs non diplômés mais disposant d'une expérience valable dans le secteur d'au moins 3 ans ont la possibilité de recourir à la validation des acquis par VAE

Choix de la spécialisation

La spécialisation d'un agriculteur n'est pas obligatoire : certains fermiers jonglent entre cultures maraîchères, élevages de poules pondeuses, jardins de fleurs à couper et troupeau de mouton. Cependant, pour débuter, il parait important de vous lancer dans un secteur que vous maîtrisez, soit par expérience, soit de par votre formation. Il faut dire que les obstacles sur la route de l'agriculteur sont nombreux, et parfois immuables comme les caprices de la météo. Aussi, choisir une niche connue permet de mettre toutes les chances de son côté au moins durant les premières années.

La terminologie française regroupe sous l'appellation "exploitant agricole" l'intégralité des travailleurs qui produisent des cultures ou élèvent des animaux. Pourtant, de nombreuses différences existent au sein de ces professionnels. Voici quelques exemples de spécialisations possibles en agriculture :

  • céréalier
  • éleveur laitier
  • éleveur porcin
  • apiculteur
  • viticulteur
  • maraîcher
  • horticulteur
  • sylviculteur

La production dépend aussi foncièrement du climat et des besoins de la population. En France, par exemple, les agriculteurs céréaliers ou les viticulteurs trouvent plus facilement des terrains propices à leurs besoins et des clients réguliers.

Le cas particulier de l'agriculture biologique

L'agriculture bio connait un essor prometteur qui va très certainement continuer de croître les prochaines années : l'agriculture biologique, bien que disposant d'un cahier des charges exigeant, est une spécialisation intéressante même pour un débutant. Les règles de l'agriculture biologique se montrent contraignantes car elles excluent une grande partie des produits chimiques de synthèse utilisés pour repousser les nuisibles ou accroître les productions végétales. L'obtention du label bio délivré par un organisme certificateur est par ailleurs soumise à l'absence quasi totale d'OGM dans les produits biologiques, enjoignant les agriculteurs à privilégier des semences anciennes ou naturellement résistantes, et une alimentation très contrôlée pour les élevages.

Les agriculteurs bio s'appuient sur le bien-être animal et le développement durable dans le cadre de la réglementation européenne. Leurs actions visent à protéger l'environnement tout en assurant des récoltes suffisantes et de qualité par l'utilisation d'engrais organiques. Avec le développement du tourisme vert, des locations de fermes biologiques pour les mariages ou les cérémonies, les agriculteurs biologiques peuvent aussi intégrer à leur activité une partie hôtelière ou des animations saisonnières.

Financement et formalités administratives

Sans terre, pas de culture ni d'élevage. L'une des priorités de l'agriculteur débutant sera donc de trouver une exploitation agricole, à défaut d'en posséder une. En effet, il est rare qu'un agriculteur se trouve propriétaire de ses terres d'emblée. Il doit alors commencer par exploiter la surface agricole d'autres propriétaires, avant de pouvoir éventuellement acheter les siennes.

Deux problèmes peuvent se poser au niveau financier lors de l'ébauche du projet de formation en agriculture. D'une part, comment payer la formation, notamment pour les actifs ? D'autre part, comment percevoir un salaire suffisant dès la première année pour pouvoir continuer l'activité ?

À travers le fond de formation FAFSEA, le crédit d'impôt pour les chefs d'exploitation ou le fond d'assurance VIVEA, plusieurs solutions permettent de financer les stages et les études suivies en parallèle de la vie active. Pour les chômeurs, Pole Emploi délivre une aide appelée AIF qui prend en charge une partie des frais si le cursus entre dans le cadre du projet personnalisé. Une autre aide, l'ACRE, s'adresse aux créateurs et repreneurs d'entreprise, et offre une réduction des cotisations sur une durée de 12 mois, pour les aider à s'installer sereinement dans votre activité.

La question du financement réglée, qu'en est-il de la partie administrative ? La procédure pour devenir agriculteur se déroule en trois parties :

  • obtention de l'autorisation d'exploiter, si nécessaire
  • déclaration au centre des formalités des entreprises, le CFE
  • affiliation à la mutuelle agricole, la MSA

Notez que l'autorisation d'exploiter concerne notamment les personnes sans expérience, ou les agriculteurs exerçant plusieurs activités. Elle est indispensable le cas échéant pour inscrire l'entreprise au CFE.

Promotion et fédération

En agriculture, promotion et fédération sont essentielles. Vous faire connaître, promouvoir votre entreprise et fidéliser vos clients constituent trois étapes à franchir pour pouvoir vendre régulièrement vos produits.

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