Comment devenir chauffeur VTC ?  

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2019 M09 16

Taxi ou VTC ?

Quelles sont les différences entre un Taxi et un VTC ? Le métier de chauffeur VTC (littéralement « Véhicule de Tourisme avec Chauffeur ») attire de plus en plus de monde, grâce à plusieurs avantages non négligeables. Pour commencer, l’exercice de cette activité à temps plein permet de dégager d’importants bénéficies – on estime ainsi qu’un prestataire VTC peut gagner plusieurs milliers d’euros par mois. Ensuite, un salarié qui souhaite travailler à temps partiel peut choisir de créer son auto-entreprise et devenir chauffeur VTC. Il accèdera ainsi à un très bon complément de revenu, tout en bénéficiant d’une certaine flexibilité dans ses horaires de travail. Enfin, pour devenir chauffeur VTC par le biais de l’auto-entrepreneuriat, il suffit de remplir quelques formalités administratives simplifiées au maximum, contrairement à d’autres statuts.

Des distinctions notables sont à opérer entre les services d’un chauffeur VTC et ceux d’un taxi traditionnel. Pour commencer, la qualité de service n’est pas la même d’un système de transport à l’autre. En effet, le chauffeur VTC est libre de proposer à ses clients des services « premium » pour rendre le voyage plus agréable – par exemple, la mise à disposition de collations ou de divertissements multimédias. De plus, une voiture de type VTC aura toujours la réputation d’être bien entretenu. De fait, on aura souvent tendance à opérer une différence entre les tarifs pratiqués par les VTC et ceux des taxis. Dans un cas, les tarifs sont annoncés au moment de la réservation, le client est donc tout à fait libre d’accepter ou non la proposition qui lui est faite. De l’autre côté, les taxis sont soumis à des tarifs réglementés, pour lesquels il n’est pas possible de déroger.

Formation

Pour un futur chauffeur VTC, il est indispensable de suivre une formation relativement stricte et amenée à évoluer – en effet, la conduite au sens général est une activité qui pose des enjeux importants en termes de sécurité, comme de réglementation. Le contenu de la formation est susceptible de varier selon le centre de formation choisi, bien que l’objectif reste le même : valider les acquis de la formation en vue d’obtenir une licence VTC. On retrouve ainsi durant la formation une partie théorique constituée de 7 épreuves distinctes. Parmi celles-ci, le droit des transports, la sécurité, la gestion ou encore le développement commercial et la règlementation nationale VTC. Une note égale ou supérieure à 10/20 est ici requise.

L’autre partie « pratique » se présente sous la forme d’une épreuve de conduite professionnelle. Le candidat à la formation est tenu de passer cette étape durant les 12 mois qui suivent l’obtention de la partie théorique de la formation. Pour obtenir la partie pratique de la formation et accéder à la licence, une note de 12/20 est requise. A noter que depuis le 7 avril 2017, les examens VTC-taxi sont désormais pris en charge par les différentes Chambres des Métiers de l’Artisanat (CMA).

Carte et licence VTC

Comment obtenir la carte VTC ?

Le conducteur d’un véhicule de tourisme avec chauffeur est soumis à une réglementation particulière, qu’il convient de différencier de la réglementation qui s’applique aux chauffeurs de taxi. Dans un premier temps, le chauffeur VTC doit obligatoirement détenir une carte professionnelle pour pouvoir exercer son activité. Pour obtenir cette carte, une demande officielle doit être effectuée auprès du préfet du département concerné – pour Paris, il faut en passer par le préfet de Police. Bien évidemment, cette carte ne peut être délivrée qu’aux détenteurs d’un permis B, en cours de validité depuis plus de 3 ans.

Comment obtenir la licence VTC

Également, le chauffeur doit être en mesure d’attester qu’il est propriétaire de son véhicule, afin de pouvoir faire une demande officielle d’immatriculation en ligne sur le registre des VTC. Une période d’attente de trois mois après la demande est généralement nécessaire pour obtenir cette carte. Lors de la cessation d’activité, elle doit être rendue.

Structure juridique

Quelle structure juridique pour devenir VTC ? Pour pouvoir créer son entreprise et exercer son activité, le chauffeur VTC doit choisir un statut juridique. Il est par exemple possible de choisir le statut d’entreprise individuelle, avec régime micro possible. Dans ce cas de figure, les formalités de création d’une entreprise sont relativement simples. Il suffit simplement de remplir une déclaration individuelle de création d’entreprise, accompagnée de quelques justificatifs. Les frais d’inscription sont ici les seules charges à prévoir. Dans le cas de la création d’une entreprise individuelle de type EIRL, il convient de compléter une déclaration de création d’entreprise « Personne physique » - document de type CERFA PO CMB OU P0 CMB Micro. Ici, l’entrepreneur doit également effectuer une déclaration d’affectation du patrimoine. Il choisit au passage une liste de biens qui seront affectés à son entreprise, et qu’il distinguera de son patrimoine personnel.

Il est également possible de créer une EURL pour les besoins d’une activité de chauffeur VTC. Cependant, les formalités sont ici plus complexes, et nécessitent la formation d’un capital social par le biais d’apports financiers. Tout ceci en plus des tâches administratives habituelles (formulaire de demande d’immatriculation d’une personne morale, frais et honoraires divers…). Enfin, la création d’une SASU (ou Société par Action Simplifiée Unipersonnelle) est également envisageable, et s’apparente assez à la création d’une EURL. Il convient de réaliser des apports pour former le capital social et d’effectuer diverses formalités d’enregistrement ou d’immatriculation.

VTC avec capacité de transport

Il est possible d’obtenir la carte VTC en disposant de la capacité de transport. Il suffit simplement de pouvoir justifier d’une expérience équivalente à un an. Pour le reste, l’autorisation d’exercer l’activité de chauffeur VTC avec la capacité s’obtient par le biais de plusieurs étapes. En premier lieu, il convient de réussir l’examen de la capacité de transport de personnes de moins de 9 places. Pour obtenir une telle autorisation délivrée par la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement), il faut en passer par une formation de 140 heures accompagnée d’un examen. Dans un deuxième temps, il faut effectuer une demande d’attestation de la capacité professionnelle de transport auprès de l’un des sites de la DREAL – selon la résidence du demandeur, celui-ci peut se trouver à Strasbourg, Châlons-en-Champagne ou Metz.

Budget et financements

Un chauffeur VTC est confronté durant toute son activité à un certain nombre de préoccupations économiques. En effet, le budget prestataire de service spécialisé dans le tourisme doit penser au financement de son véhicule, sans parler des frais annexes et autres charges quotidiennes. Quel que soit par ailleurs votre statut juridique lorsque vous entamez les démarches pour être chauffeur VTC, vous devez vous intéresser à quelques points essentiels. La première question concerne le mode de financement du véhicule, ainsi que le modèle convenant le mieux à la situation. Faut-il se tourner vers une voiture neuve ou un modèle d’occasion ? Faut-il investir ou louer ? Y a-t-il besoin d’opter pour un véhicule électrique ou hybride ? En fonction des choix opérés, des frais sont à prévoir. On évoquera ensuite le financement des frais annexes de la voiture. Ceux-ci peuvent concerner par exemple les coûts liés au carburant, les frais de stationnement ou encore les PV relatifs au stationnement.

Il faut ajouter à toutes ses contraintes financières la responsabilité engagée du chauffeur VTC. En effet, il convient de ne pas oublier que certains statuts juridiques mettent le patrimoine personnel de l’entrepreneur dans la balance. C’est le cas par exemple avec la création d’une EIRL.

Comment choisir son véhicule VTC ?

Devenir chauffeur VTC suppose que votre véhicule réponde de certains critères techniques et de confort. Pour commencer, votre véhicule devrait disposer au minimum de 4 places, et jusqu’à 9 place dans certains cas en incluant le chauffeur. Pour plus de confort, le véhicule doit également être équipé de 4 portières et mettre à la disposition des usagers un intérieur dit « de standing ». Ceci inclue par exemple des finitions en cuir pour les sièges, la présence d’une climatisation, etc… La puissance totale du véhicule est également une donnée fondamentale à prendre en compte : elle s’exprime en KW et doit atteindre 84 KW, soit 115 chevaux.

Notez cependant que la puissance du véhicule est une donnée qui ne s’applique pas à certains modèles, comme les véhicules hybrides ou électriques. Les voitures de collection ne rentrent pas non plus dans ces critères. Enfin, le véhicule doit faire apparaître une vignette autocollante contenant le numéro d’immatriculation de l’entreprise au registre des VTC. La vignette doit être placée sur le pare-brise avant, en bas à gauche. Idéalement, le véhicule doit être en circulation depuis moins de 6 ans.

Enfin, si vous recherchez un certain confort de conduite avant tout, il vous sera conseillé de porter votre choix sur un véhiculé doté d’une boite de vitesse automatique. Au démarrage de votre activité, si vous pensez que votre clientèle se composera essentiellement d’usagers à la recherche d’un bon rapport qualité / prix, rapprochez d’un modèle de véhicule dit « économique », à partir de 26 000 euros par exemple.

Quel salaire pour les chauffeurs de VTC ?

Le salaire d’un prestataire de service en véhicule de tourisme dépend de plusieurs facteurs, le premier d’entre eux étant le statut. En effet, l’entrepreneur peut choisir de travailler à son compte (auquel cas il choisira de préférence le statut d’auto-entrepreneur), mais il peut également décider de devenir salarié. Ce dernier peut espérer obtenir un salaire moyen entre 1 800 et 2 000 euros, bien que cette tranche soit susceptible d’évoluer selon la nature de l’entreprise et de l’expérience acquise – vous pouvez tout aussi bien travailler pour un opérateur sur mobile ou exercer des services VIP en tant que chauffeur de Grande Remise par exemple. Ainsi, pour un conducteur expérimenté, le salaire mensuel est susceptible d’atteindre près de 4 500 euros.

En ce qui concerne le salaire d’un chauffeur indépendant, celui-ci sera beaucoup plus difficile à évaluer. Dans la plupart des cas, le salaire mensuel peut atteindre près de 3 000 euros, voire plus. Mais cette manne financière doit être évaluée au regard des charges supportées par l’entrepreneur, ainsi qu’au capitale de départ. D’où l’importance de proposer une grille tarifaire adaptée aux différentes dépenses prévisibles (achat de la carte professionnelle, frais quotidiens, etc.).

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